Programme › Tome 2 › Leçon 5
Le futur et l'impératif
Dire ce qui viendra, donner une instruction… et lire le premier mot révélé du Coran
🎯 À la fin de cette leçon, vous saurez :
- Exprimer le futur avec سَـ collé au présent : سَأَذْهَبُ غَدًا « j'irai demain »
- Employer سَوْفَ + présent pour un futur un peu plus lointain ou solennel
- Situer une action dans le temps : أَمْسِ، الْيَوْمَ، الْآنَ، غَدًا
- Donner un ordre avec l'impératif : اُكْتُبْ، اِذْهَبْ، اِقْرَأْ
- Interdire avec لَا + verbe au sukūn : لَا تَكْتُبْ « n'écris pas ! »
- Comprendre le tout premier mot révélé du Coran : اِقْرَأْ (96:1)
Quel chemin parcouru ! Vous savez déjà raconter au passé (ذَهَبْتُ — je suis allé) et décrire le présent (أَذْهَبُ — je vais). Aujourd'hui, nous complétons le tableau avec le futur : « j'irai », « nous lirons ». Et bonne nouvelle : c'est probablement la conjugaison la plus facile de toute la langue arabe — une seule petite lettre à ajouter !
Nous découvrirons ensuite l'impératif, la forme qui sert à demander quelque chose : « écris ! », « assieds-toi ! », « écoute ! ». C'est une forme précieuse : le tout premier mot que l'ange Jibrîl a transmis au Prophète ﷺ était justement un impératif — اِقْرَأْ, « Lis ! ». Nous le lirons ensemble à la fin de cette leçon.
Prenez votre temps, lisez chaque exemple à voix haute : tout ce que vous verrez ici est construit avec des verbes que vous connaissez déjà.
Hier, aujourd'hui… et demain
Yûsuf et ʿUmar discutent de leurs journées : ce qu'ils font maintenant, ce qu'ils ont fait hier, et ce qu'ils feront demain.
Le futur : سَـ et سَوْفَ
Pour parler du futur, l'arabe part du présent que vous connaissez déjà et lui colle simplement la petite lettre سَـ (sa-) au début. C'est tout !
أَذْهَبُ (je vais) → سَأَذْهَبُ (j'irai). Une lettre, et vous voilà dans le futur.
Il existe une deuxième façon : le mot سَوْفَ (sawfa), qui reste détaché devant le verbe au présent. سَوْفَ أَذْهَبُ = « j'irai » aussi. La nuance ? سَوْفَ évoque souvent un futur un peu plus lointain ou plus solennel. Mais rassurez-vous : les deux sont parfaitement corrects, et vous pouvez employer l'un ou l'autre sans crainte.
Pour situer l'action dans le temps, quatre petits mots précieux : أَمْسِ (hier), الْيَوْمَ (aujourd'hui), الْآنَ (maintenant), غَدًا (demain). Observez comme ils s'accordent naturellement avec chaque temps :
L'impératif الْأَمْرُ — demander avec un seul mot
L'impératif sert à donner une instruction : « écris ! », « entre ! », « écoute ! ». Sa fabrication est d'une belle logique, en trois petits pas à partir du présent que vous maîtrisez :
- 1. Prenez le verbe au présent : تَكْتُبُ (tu écris).
- 2. Enlevez le préfixe تَـ : il reste كْتُبْ… imprononçable ! Un mot arabe ne peut pas commencer par une lettre « muette ».
- 3. Ajoutez donc une petite hamza de liaison comme béquille au début, et un sukūn à la fin : اُكْتُبْ (uktub) — « écris ! »
Quelle voyelle pour cette béquille ? Regardez la voyelle du milieu du présent : si c'est un « ou » (يَكْتُبُ), la béquille prend « ou » : اُكْتُبْ، اُدْخُلْ، اُخْرُجْ. Sinon, elle prend « i » : اِذْهَبْ، اِجْلِسْ، اِفْتَحْ، اِقْرَأْ، اِسْمَعْ.
Pour s'adresser à une femme, on ajoute simplement ـِي à la fin : اِذْهَبِي (va !), اُكْتُبِي (écris !). C'est tout.
Et souvenez-vous du vocatif يَا de la leçon 9 du tome 1 : il fait merveille avec l'impératif — يَا وَلَدُ، اِجْلِسْ! « Ô garçon, assieds-toi ! »
La béquille copie le cœur du verbe : dites le présent à voix haute. Si vous entendez « ou » au milieu — يَكْتُبُ (yaktoubou) — la béquille du début prend « ou » aussi : اُكْتُبْ. Sinon, elle prend « i » : اِذْهَبْ. L'arabe aime l'harmonie des sons !
Et deux mini-impératifs irréguliers à retenir tels quels, comme des mots à part entière : قُلْ (dis !) et كُلْ (mange !). Deux lettres chacun, impossibles à confondre à l'écrit : قُلْ commence par ق comme « parole » (قَالَ), كُلْ par ك comme أَكَلَ (manger). Vous connaissez déjà قُلْ sans le savoir : il ouvre plusieurs sourates du Coran, dont قُلْ هُوَ اللَّهُ أَحَدٌ — « Dis : Il est Allah, Unique » (112:1).
La défense : لَا + sukūn — « ne fais pas ! »
Pour interdire, l'arabe utilise لَا suivi du verbe au présent… avec un sukūn à la fin. Ce petit sukūn final change tout : il transforme une simple phrase en interdiction.
لَا تَكْتُبْ! — « N'écris pas ! »
Vous connaissez déjà لَا + présent pour la négation ordinaire (leçon 3 de ce tome) : لَا تَكْتُبُ, avec la ḍamma finale, signifie « tu n'écris pas » (un simple constat). Nous comparerons les deux juste après — pour l'instant, retenez le schéma de la défense : لَا + verbe + sukūn.
Une toute petite voyelle, deux sens différents — comparez :
- لَا تَكْتُبُ (avec la ḍamma finale, « -bou ») = « tu n'écris pas » — un simple constat, une négation.
- لَا تَكْتُبْ (avec le sukūn final, « -b » sec) = « n'écris pas ! » — une interdiction.
À l'oreille, la défense se termine de façon nette et brève, comme un ordre. Et dans la vraie vie, le contexte et le ton lèvent toujours le doute : personne ne confond « tu ne sors pas ce soir » (remarque) et « ne sors pas ce soir ! » (interdiction). Ne vous inquiétez donc pas : avec un peu d'écoute, votre oreille fera la différence toute seule.
Vocabulaire de la leçon — le temps et les instructions
| غَدًا | demain | |||
| الْيَوْمَ | aujourd'hui | |||
| الْآنَ | maintenant | |||
| أَمْسِ | hier | |||
| اُكْتُبْ | écris ! | |||
| اِذْهَبْ | va ! | |||
| اِقْرَأْ | lis ! | |||
| اِجْلِسْ | assieds-toi ! | |||
| اِفْتَحْ | ouvre ! | |||
| اُدْخُلْ | entre ! | |||
| اُخْرُجْ | sors ! | |||
| اِسْمَعْ | écoute ! | |||
| قُلْ | dis ! (irrégulier, à retenir tel quel) | |||
| كُلْ | mange ! (irrégulier, à retenir tel quel) |
Le premier mot révélé : اِقْرَأْ — « Lis ! »
اِقْرَأْ بِاسْمِ رَبِّكَ الَّذِي خَلَقَ« « Lis ! Au nom de ton Seigneur qui a créé. » »
Coran, sourate Al-ʿAlaq (96), verset 1
📝 Récapitulatif
Ce que vous savez désormais faire :
- Le futur avec سَـ collé au présent : سَأَذْهَبُ غَدًا — j'irai demain.
- Le futur avec سَوْفَ (un peu plus lointain ou solennel) : سَوْفَ أَذْهَبُ.
- Situer l'action : أَمْسِ (hier), الْيَوْمَ (aujourd'hui), الْآنَ (maintenant), غَدًا (demain).
- L'impératif : béquille اُ si la voyelle du milieu est « ou » (اُكْتُبْ، اُدْخُلْ، اُخْرُجْ), اِ sinon (اِذْهَبْ، اِجْلِسْ، اِفْتَحْ، اِقْرَأْ، اِسْمَعْ) ; féminin en ـِي : اِذْهَبِي.
- Deux irréguliers à connaître par cœur : قُلْ (dis !) et كُلْ (mange !).
- La défense : لَا + verbe au sukūn — لَا تَكْتُبْ! « n'écris pas ! » (à distinguer de لَا تَكْتُبُ, simple négation).
- Et le premier mot du Coran : اِقْرَأْ — « Lis ! »
Place aux exercices : ils reprennent tout cela pas à pas, avec une explication à chaque réponse. Courage, vous progressez magnifiquement !
🎮 À vous de jouer !
Place à la pratique. Rappelez-vous : chaque réponse — bonne ou mauvaise — vous sera expliquée. C'est notre contrat de confiance.
Dans la grotte de Ḥirā', près de La Mecque, le Prophète Muḥammad ﷺ aimait se retirer pour méditer. C'est là que l'ange Jibrîl lui apparut et prononça le tout premier mot de la Révélation : اِقْرَأْ — « Lis ! ». Le premier mot du Coran adressé à l'humanité est donc… un impératif, exactement la forme que vous venez d'apprendre.
Regardons ce verset avec vos nouveaux outils : اِقْرَأْ est l'impératif de قَرَأَ / يَقْرَأُ (lire) — béquille en « i » (la voyelle du milieu du présent est « a »), sukūn final. Puis بِاسْمِ : la préposition بِـ + le mot اسْم (nom) — « au nom de ». Enfin رَبِّكَ : رَبّ (Seigneur) + le possessif ـكَ (ton) que vous connaissez depuis le tome 1. Le mot الَّذِي signifie « qui » — nous l'étudierons en détail à la leçon 10 ; retenez simplement le sens : « qui a créé ».
Vous voilà capable d'analyser, mot à mot, le premier verset révélé du Coran. Quel plus bel encouragement à continuer ?